Giovanni Boldini

Peintre Italien
Né en 1842 à Ferrare (Italie) et mort en 1931 à Paris (France)

Biographie
Le peintre italien Giovanni Boldini fut l'un des principaux réformateurs du genre du portrait en Europe à la fin du XIXe siècle. Il était l’ami des célébrités dont le baron de Rothschild, le dandy Robert de Montesquiou, le musicien Giuseppe Verdi, la romancière Colette et les peintres Degas et Sargent. La technique virtuose de Boldini lui valut richesse et renommée de son vivant, mais de nombreux critiques le cataloguèrent plus tard simplement comme un portraitiste brillant et superficiel des classes supérieures.

Son développement pictural se fait au contact de la réalité picturale foisonnante de Florence dans les années 1860. Sa formation artistique se déroule dans l’entreprise de restauration d’oeuvres d’art de son père. Le jeune artiste part ensuite à Florence où il peint ses premières oeuvres comme “Portrait de Gaetano Gioia et son épouse” en 1863. Il devient l’élève de Enrico Pollastrini et pour une brève période de Stefano Ussi. Il approfondi la ligne évolutive de la peinture florentine, héritée de l’ingrisme.

La seconde moitie des années 1860 est placée sous le signe de l’ouverture. Boldini est influencé par son aîné et ami le peintre Signorini qui oriente plus largement la peinture Toscane vers le naturalisme européen de style français, à l’image de l’une de ses oeuvres majeures datant de 1865, “La salle des agitées à l’hôpital de San Bonifacio”.
En 1866, Boldini expose pour la première fois ; sa toile “L’amateur des Beaux-arts” retient l’attention des critiques pour son caractère novateur. Cette même année la guerre éclate et l’artiste part pour Naples en compagnie de Banti, grand admirateur de Degas. Là-bas, il est enthousiasmé par Morelli et De Nittis. L’année suivante il se rend à Paris et visite l’exposition universelle. Il y fait la connaissance de Manet, Sisley et Degas. Ce dernier va profondément influencer son approche picturale. Avec le “Portrait des soeurs Laskaraki” peint en 1869, Boldini représente ses modèles sur le vif avec une liberté de style étonnante qui tranche avec ses précédentes peintures. Il confirme ce choix artistique avec le “Portrait du fils de la marquise Ristori del Grillo Sevieri” qui retient l’attention par le naturel des poses, la vivacité du trait, sa spontanéité et sa maîtrise.

Après avoir passé une partie de sa jeunesse aux côtés des artistes italiens révolutionnaires celui que l’on surnommera le maître de Ferrare quitte l’Italie en 1870 pour Londres où il étudie les grands portraitistes et les caricaturistes anglais puis se fixe définitivement à Paris l’année suivante. Toujours en quête de spontanéité et de mouvement, les corps s’allègent et s’allongent, dans le prolongement du maniérisme. Son arrivée à Paris correspond à la maturité de l’artiste. Boldini s’érige en farouche adversaire de la photographie qui selon lui ne fait que représenter le monde tel qu’il est au contraire de sa vision de la peinture qui s’attache à dépasser les structures, à déconstruire l’espace qui nous est familier.

Sur les conseils du marchand d’art Goupil pour lequel il travaille sous contrat d'exclusivité, Boldini se consacre à l’étude de paysages. Il succombe à la mode rétro du second Empire et produit des saynètes inspirées des peintures françaises du XVIIIe siècle comme celles de Watteau et Fragonard. Ces toiles tirent vers l’artificiel, la surenchère et parfois le mauvais goût. Il se conforme en cela au goût de la nouvelle société. Ce nouveau Boldini rencontre un succès immédiat et devient riche. A la fin des années 1870, il prend ses distances et s’éloigne de Goupil. Il ’implique dans une peinture plus personnelle et plus moderne. Il portraiture le Tout-Paris, multiplie les expositions de ses toiles. Bien qu’il n’en soit pas entièrement satisfait, le "Portrait de Giuseppe Verdi" qu’il peint en 1886 demeure l’une de ses plus belles toiles. Sa capacité artistique exceptionnelle combinée à un riche répertoire de poses raffinées, élégantes, parfois excentriques, et une grande variété d’harmonies chromatiques toujours bien orchestrées, font de lui l’un des portraitistes les plus convoités de la haute société internationale. Avec le temps, le style de Boldini devient de plus en plus audacieux, les coups de pinceaux deviennent plus vifs et allégés.

Le critique d'art Arsène Alexandre - s’exprimant au sujet de certains tableaux exposés au Salon du Champ de Mars en 1909 - résume finalement très bien ce que Boldini apporta à l’Art du portrait : « admirées où rejetées, les effigies de Boldini étaient encore l'expression parfaite de leur temps. Interprète bien-aimé de la société de la Belle Époque, Boldini dépeignait avec une parfaite acuité la sophistication, le charme, la coquetterie sinueuse, le désir inavoué [...] Silencieux, avec son visage comme un prêtre en colère, chauve et respectueusement mélancolique , l'artiste a observé et exprimé de façon surprenante cette vanité qui fourmille d'élégance ».

Liste complète des oeuvres de l'artiste (52)

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